Message aux participants au Pèlerinage à Częstochowa - Julián Carrón

Message aux participants au Pèlerinage à Częstochowa

Julián Carrón

01/08/2015

« La plus grande joie de la vie de l’homme est de sentir Jésus-Christ vivant et palpitant
dans la chair de sa pensée et de son cœur » (don Giussani). Il n’y a rien de plus
bouleversant que voir le Christ vibrer dans nos entrailles ; non pas comme un souvenir
pieux, mais comme une Présence qui envahit notre vie.
Chers amis, en allant à Częstochowa, demandez à la Vierge que le centre de votre vie soit
le Christ.
Le pape François nous rappelle que « le pèlerinage est un symbole de la vie, il nous fait
penser que la vie, c’est marcher, c’est un chemin. » Dans un geste de charité sans limites,
il nous met en garde : « Si une personne ne marche pas et reste immobile, elle ne sert pas,
elle ne fait rien. Pensez à l’eau : quand l’eau n’est pas dans le fleuve, elle n’avance pas,
elle est immobile, elle se corrompt. Une âme qui ne marche pas dans la vie en faisant le
bien, en faisant tout ce qu’il faut faire pour la société, pour aider les autres, et qui ne
marche pas non plus pour la vie en cherchant Dieu, poussée de l’intérieur par l’Esprit
Saint, c’est une âme qui finit dans la médiocrité et dans la misère spirituelle. S’il vous
plaît : ne vous arrêtez pas dans la vie ! » Quel cadeau que de pouvoir marcher avec le
soutien d’un compagnon si sûr !
Ainsi, vous aurez quelque chose de vraiment décisif à demander : que votre vie ne reste
jamais immobile, parce qu’elle est saisie tout entière par le Christ ressuscité. « C’est dans
le Mystère de la Résurrection que se trouve le point culminant et la plénitude de l’intensité
de notre propre conscience chrétienne, et donc de la nouvelle conscience que j’ai de moimême,
de la façon dont je regarde toutes les personnes et toutes les choses » (don
Giussani), à partir de moi-même.
Puisse Sa présence dans notre regard, gardée dans la mémoire, devenir toujours plus
familière en nous, afin que nous puissions tout regarder grâce à cette présence, même nos
chutes : « Nous avons tous connu dans notre vie des chutes, des erreurs. Mais si tu as
commis une erreur, relève-toi immédiatement et continue de marcher. “Chante et marche”,
disait saint Augustin à ses fidèles. Marcher dans la joie et marcher aussi quand le cœur est
triste, mais marcher toujours. Et si tu as besoin de t’arrêter, que ce soit pour te reposer un
peu et reprendre un peu ton souffle pour avancer après. Chante et marche ! Chante et
marche toujours ! Vous faites ce pèlerinage “caressés par la miséricorde”. La miséricorde
de Jésus pardonne tout, il t’attend toujours, il t’aime toujours beaucoup. » (pape
François). Demandez à la Vierge cette familiarité avec le Christ, pour témoigner partout où
vous vivrez – que ce soit à l’université ou dans le monde du travail – la nouveauté qu’Il a
introduite dans notre vie.
Mais comme nous sommes fragiles et que vous pourriez vous décourager ou vous
distraire pendant le pèlerinage, le Pape nous invite à ne pas en avoir peur, soutenus par la
lumière de ces paroles : « La morale chrétienne n’est pas l’effort titanesque, volontariste,
de celui qui décide d’être cohérent et qui y parvient, une sorte de défi solitaire face au
monde. Non. Ce n’est pas cela, la morale chrétienne ; c’est tout autre chose. La morale
chrétienne est la réponse, la réponse émue face à une miséricorde surprenante,
imprévisible, voire “injuste” d’après les critères humains, de Quelqu’un qui me connaît,
qui connaît mes trahisons et qui m’aime quand même, qui m’estime, m’embrasse,
m’appelle à nouveau, place de l’espoir en moi, attend des choses de moi. La morale
chrétienne n’implique pas de ne jamais tomber, mais de toujours se relever, grâce à sa
main qui nous prend. »
Qui pourrait continuer à marcher sans cette certitude ? Qui pourrait regarder sa vie, avec
ses poids et le fardeau de nos erreurs, sans cette certitude ? Si nous sommes immergés
dans ce grand mystère, marcher ensemble peut vraiment être une grâce pour tous. Pourtant,
nous voudrions souvent que tout soit clair avant de commencer et cela nous bloque.
Imaginez un garçon qui tombe amoureux d’une fille. S’il disait : « Je me lance, ou je ne
me lance pas ? Avant de le faire, je dois avoir les idées claires, je dois être sûr… »,
comment pourrait-il espérer atteindre une certitude dans ce rapport sans prendre de
risque ? Il doit commencer à faire des pas et, dans le premier instant, il a déjà la lumière
nécessaire pour faire le premier pas, parce que cette fille a sucité son intérêt : les autres ne
suscitent pas l’envie de les revoir, mais elle, si. Alors il la revoit et pense que c’est
merveilleux d’être avec elle, si bien qu’il fait un autre pas, puis un autre et encore un autre.
Au fil du temps, la situation deviendra claire. N’oublions pas que la vie est comme une
graine qui se développe avec le temps : Jean et André ne savaient pas où Jésus les
conduirait, mais ils n’ont pas pu résister au désir d’aller le voir le lendemain. Dans cette
première rencontre, ils avaient perçu quelque chose d’exceptionnel, en vertu de quoi il était
raisonnable de suivre Jésus ; en adhérant à ce qu’ils avaient vu, en marchant avec lui, au fil
du temps, tout est devenu clair.
À chaque pas que vous faites vers la Vierge Noire, dans le soixantième anniversaire de la
naissance du mouvement et dix ans après la naissance au ciel de don Giussani, demandez
pour vous-mêmes, pour moi et pour tous nos amis éparpillés dans le monde, que nous
puissions vivre notre charisme comme nous l’a demandé le pape François, comme la
manière par laquelle le Christ nous invite à le suivre aujourd’hui, en reconnaissant que
c’est Lui le centre. En priant pour le Pape, demandez d’être simples afin de le suivre de
manière affective et effective.

Je suis avec vous sur le chemin,

Julián Carrón

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